Le choix entre crampons et spikeless repose sur un malentendu : quand on dit crampons aujourd'hui, on parle de picots souples en plastique, pas de pointes métalliques. Celles-ci sont interdites de fait sur la quasi-totalité des parcours depuis la fin des années 1990, par règlement local et non par les Règles du golf. L'écart d'adhérence entre les deux familles s'est donc considérablement réduit, au point que les tests indépendants situent les meilleurs spikeless à moins de 5 % des modèles à crampons dans la plupart des situations. Notre rayon chaussures de golf compte 92 modèles spikeless contre 50 à crampons.
Voici où l'écart subsiste réellement, ce que chaque marque a choisi, et comment trancher selon votre parcours plutôt que selon votre niveau.
- Les crampons métalliques sont interdits sur presque tous les parcours depuis les années 1990 : les modèles actuels utilisent des picots souples.
- Les tests indépendants situent les meilleurs spikeless à moins de 5 % des modèles à crampons sur terrain sec à modérément humide.
- L'écart redevient net sur sol détrempé et en pente : le crampon pénètre la surface, le spikeless travaille uniquement par friction.
- Le catalogue compte 92 modèles spikeless contre 50 à crampons, avec des prix médians presque identiques, 117 € contre 122 €.
- Puma est la seule grande marque du rayon majoritairement orientée crampons, quand New Balance et Callaway ne proposent que du spikeless.
Crampons ne veut plus dire métal
La première chose à savoir est que le débat ne porte plus sur ce qu'il portait il y a trente ans. Les crampons métalliques, qui creusaient les greens et arrachaient le gazon, ont été bannis par les règlements locaux de la quasi-totalité des parcours à partir de la fin des années 1990. Les Règles du golf ne les interdisent pas explicitement, mais aucun club ne les tolère plus.
Une chaussure à crampons vendue aujourd'hui est donc équipée de picots souples en plastique, vissés dans la semelle et remplaçables. Le terme anglais correspondant, soft spikes, dit exactement cela. L'écart avec une semelle spikeless n'est plus celui d'un métal contre du caoutchouc, mais celui de picots saillants contre des reliefs moulés.
Cette évolution change complètement l'arbitrage. À l'époque des pointes métalliques, la différence d'adhérence était massive et le choix évident dès que le terrain devenait humide. Avec des picots souples, l'écart s'est réduit au fur et à mesure que les fabricants perfectionnaient les dessins de semelles spikeless.
Reste une différence pratique qui n'a pas disparu : les picots d'une chaussure à crampons s'usent et se remplacent, ce qui prolonge la vie de la paire. Une semelle spikeless usée impose de changer la chaussure entière. Le remplacement se fait en dix minutes avec la clé fournie, comme l'explique notre tutoriel sur le changement des crampons de chaussures de golf.
| 92modèles spikeless au catalogue, contre 50 à crampons | 5 %l'écart d'adhérence mesuré entre les deux dans la plupart des scénarios | 55 €le premier prix d'une chaussure spikeless | 117 €le prix médian d'une spikeless, contre 122 € à crampons |
L'écart d'adhérence : ce que disent les tests
Sur terrain sec à modérément humide, l'écart est devenu négligeable. Les protocoles de tests indépendants situent les modèles spikeless récents à dessin de semelle agressif à moins de 5 % des chaussures à crampons dans la plupart des situations de jeu, et les meilleurs d'entre eux égalent purement et simplement les modèles à picots.
La raison tient au principe physique en jeu. Un spikeless travaille par friction : les reliefs moulés de la semelle augmentent la surface de contact et le coefficient d'adhérence avec un sol ferme. Tant que le sol reste ferme, ce mécanisme fonctionne parfaitement, et il fonctionne d'autant mieux que les dessins actuels sont sophistiqués.
L'écart réapparaît dès que le sol devient meuble ou détrempé. Un crampon pénètre la surface et va chercher un ancrage sous la couche superficielle, là où une semelle spikeless reste dessus et voit sa friction chuter à mesure que l'eau s'interpose. Les études sur plateforme de force montrent un mouvement latéral inférieur avec des picots de qualité en conditions humides.
La pente amplifie ce phénomène. Sur un lie en dévers ou sur un coup joué d'un talus mouillé, le pied arrière glisse d'abord latéralement, et c'est précisément là que l'ancrage d'un picot fait la différence. Sur un fairway plat et sec, l'avantage est nul.
Le comparatif point par point
Le tableau ci-dessous reprend les six critères qui séparent réellement les deux familles, en écartant les arguments de style qui ne relèvent pas de la performance.
| Critère | Chaussure à crampons | Chaussure spikeless |
|---|---|---|
| Adhérence sur sec | Excellente | Équivalente sur les modèles récents |
| Adhérence sur détrempé | Supérieure, le picot pénètre la surface | En retrait, la friction chute avec l'eau |
| Confort de marche | Semelle plus rigide, picots perceptibles sur béton | Plus souple, comparable à une basket |
| Durée de vie | Prolongée par le remplacement des picots | Limitée à l'usure de la semelle moulée |
| Usage hors parcours | Déconseillé, les picots s'usent sur le dur | Possible, du practice au club-house |
| Ventilation | Semelle plus épaisse, moins respirante | Semelle plus fine, mieux ventilée |
Le critère de la durée de vie mérite d'être chiffré. Un jeu de picots de remplacement coûte une vingtaine d'euros et se change en dix minutes, ce qui peut prolonger une paire d'une ou deux saisons. Rapporté à un prix médian de 122 €, l'économie n'est pas marginale.
Le point de ventilation renvoie à un sujet distinct mais lié : les modèles ventilés du catalogue sont majoritairement des spikeless, parce qu'une semelle sans picots est plus fine et moins isolante. Le sujet est développé dans notre article sur les chaussures de golf respirantes pour l'été.
Ce que chaque marque a choisi
Les fabricants n'ont pas tous fait le même pari, et le relevé de leurs catalogues respectifs est instructif. Il permet de savoir où chercher selon la famille que vous visez, plutôt que de parcourir l'ensemble du rayon.
Adidas est le plus engagé sur le spikeless, avec 35 modèles contre 12 à crampons, soit près de trois quarts de son offre. FootJoy, la marque la plus représentée du rayon avec 250 références toutes catégories confondues, garde un équilibre plus prudent : 29 spikeless contre 17 à crampons.
Puma constitue l'exception notable. C'est la seule grande marque du rayon dont l'offre penche vers les crampons, avec 11 modèles contre 5 spikeless. Un joueur qui cherche spécifiquement une chaussure à picots gagnera du temps en commençant par là.
À l'autre extrême, New Balance et Callaway ne proposent aucun modèle à crampons au catalogue, respectivement 7 et 3 références, toutes spikeless. Ecco et G/FORE restent sur des volumes plus confidentiels avec une répartition équilibrée.
Ces choix reflètent des positionnements différents plutôt qu'une hiérarchie de qualité. Adidas et New Balance viennent du running et transposent leur savoir-faire en semelles moulées, tandis que FootJoy, historiquement liée au golf, conserve une base de joueurs attachée aux picots. L'histoire de cette marque est retracée dans notre article sur l'excellence de FootJoy dans le monde du golf.
Comparer les deux familles Voir les chaussures de golf homme, 147 modèles disponiblesComment trancher pour votre parcours
La bonne question n'est pas votre niveau mais les conditions dans lesquelles vous jouez le plus souvent. Trois observations suffisent à décider, et aucune ne demande d'essayer les deux.
À quelle heure et à quelle saison jouez-vous ? Si vous partez tôt le matin, quand la rosée est encore présente, ou si vous jouez principalement d'octobre à mars, les crampons gardent un avantage réel. Si vous jouez surtout l'après-midi entre avril et septembre, le spikeless suffit largement.
Votre parcours est-il vallonné ? Les dévers et les lies en pente sont les situations où l'ancrage d'un picot se ressent le plus, parce que le pied arrière travaille en glissement latéral et non en appui vertical. Sur un parcours plat, cet avantage ne se manifeste presque jamais.
Utilisez-vous vos chaussures ailleurs que sur le parcours ? Si vous allez au practice à pied, si vous restez au club-house ou si vous voulez une seule paire polyvalente, le spikeless est le seul choix cohérent. Les picots s'usent rapidement sur le béton et le carrelage, et beaucoup de clubs les tolèrent mal à l'intérieur.
Une quatrième situation mérite d'être signalée : si vous jouez toute l'année dans des conditions variables, la solution la plus rationnelle reste deux paires. Une spikeless ventilée pour la belle saison et une paire à crampons pour l'hiver reviennent moins cher qu'une seule paire haut de gamme, et chacune sèche pendant que l'autre travaille. Les rayons chaussures de golf femme et crampons de rechange complètent l'équipement, et notre guide quelles chaussures de golf choisir reprend l'ensemble des critères.
Questions fréquentes sur crampons et spikeless
Les crampons métalliques sont-ils interdits au golf ?
Pas par les Règles du golf, mais par les règlements locaux de la quasi-totalité des parcours, et ce depuis la fin des années 1990. La raison est agronomique : les pointes métalliques abîmaient les greens et alourdissaient l'entretien. Toutes les chaussures à crampons vendues aujourd'hui utilisent des picots souples en plastique, remplaçables et acceptés partout.
Les spikeless sont-elles suffisantes pour la compétition ?
Oui, elles sont autorisées sur tous les parcours et de nombreux joueurs de haut niveau en portent. Sur terrain sec à modérément humide, les meilleurs modèles récents égalent les chaussures à crampons. La réserve porte uniquement sur les conditions détrempées et les lies en dévers, où l'ancrage d'un picot conserve un avantage mesurable.
Les chaussures à crampons coûtent-elles plus cher ?
Pratiquement pas. Le prix médian relevé au catalogue est de 122 € pour une chaussure à crampons contre 117 € pour une spikeless, soit un écart de 5 €. Le premier prix penche légèrement en faveur du spikeless, à 55 € contre 67 €. Le budget n'est donc pas un critère de choix entre les deux familles.
Peut-on marcher sur la route avec des chaussures de golf ?
Avec des spikeless oui, avec des crampons c'est déconseillé. Les picots souples s'usent rapidement au contact du béton et de l'asphalte, et leur profil devient irrégulier, ce qui dégrade l'adhérence sur le parcours. Si vous devez traverser un parking, privilégiez le spikeless ou prévoyez de changer vos picots plus souvent.
Sources : Golf Monthly et MyGolfSpy, protocoles de tests comparatifs spikeless et chaussures à crampons ; historique de l'interdiction des crampons métalliques par les règlements de parcours ; catalogue GolfCenter, relevé de 286 références de chaussures classées par type de semelle en août 2026.
Article rédigé par Jérôme SCHIELE, CEO de GolfCenter et pro PGA France.

















































