Autour du green, le bon wedge n'est pas celui qui fait le plus joli coup mais celui qui vous laisse le moins de balle en l'air. La règle tient en une phrase : plus vous mettez de loft, plus vous prenez de risque. Le choix se fait donc sur un rapport, celui entre la distance à franchir avant le green et la distance qui reste à parcourir sur le green. Voici comment lire ce rapport en trois secondes sur le parcours, et quel wedge sortir dans chaque cas.
- Le choix du wedge autour du green dépend du rapport entre la distance de portée et la distance de roule, pas du club que vous préférez.
- Un pitching wedge roule environ trois fois la distance qu'il porte, un sandwedge à peu près une fois, un lob wedge nettement moins.
- Sur un lie serré, le bounce faible passe mieux ; dans le rough épais et le sable mou, le bounce élevé évite de planter.
- Le gap wedge, entre 50 et 52 degrés, est le club le plus utile et le plus souvent absent des sacs amateurs.
- Le coup le plus sûr est presque toujours celui qui garde la balle au ras du sol le plus longtemps possible.
La règle du rapport portée sur roule
Avant de choisir un club, regardez deux distances : celle qui vous sépare du bord du green, et celle qui sépare le bord du green du drapeau. Le rapport entre les deux vous donne le club, sans réflexion supplémentaire.
Le principe physique est simple. À énergie égale, un club fermé envoie la balle bas et loin, un club ouvert l'envoie haut et court. La balle qui vole peu roule beaucoup, la balle qui vole haut s'arrête vite. Vous choisissez donc le club en fonction de la proportion de trajet que vous voulez faire au sol.
Voici les ordres de grandeur à retenir. Ce sont des repères, pas des lois : la fermeté du green et la pente les font varier.
| Club | Loft courant | Rapport portée sur roule |
|---|---|---|
| Pitching wedge | 44 à 48° | Environ 1 pour 3 |
| Gap wedge | 50 à 52° | Environ 1 pour 2 |
| Sandwedge | 54 à 56° | Environ 1 pour 1 |
| Lob wedge | 58 à 60° | Nettement moins de roule que de portée |
La lecture est directe. Beaucoup de green devant le drapeau : prenez le club le plus fermé qui passe l'obstacle, et laissez la balle rouler. Peu de green et un obstacle à franchir : il faut du loft, et vous acceptez le risque qui va avec.
Un point que les bons joueurs appliquent systématiquement : entre deux options qui fonctionnent, prenez toujours celle qui garde la balle au sol le plus longtemps. Une balle qui roule ne peut pas être grattée, ni sur-frappée, ni arrêtée par un faux rebond en l'air.
Quel wedge selon la situation
Quatre situations couvrent l'essentiel de ce que vous rencontrerez autour d'un green.
- Balle au bord du green, drapeau au fond. Pitching wedge, voire un fer 9. La balle passe la frange en roulant et parcourt le green comme un putt long. C'est le coup le plus fiable du golf autour du green.
- Balle à quelques mètres, drapeau au milieu. Gap wedge ou sandwedge selon la place disponible. La balle atterrit sur le green et finit sa course en roulant.
- Drapeau proche du bord, peu de green. Sandwedge ou lob wedge, avec un atterrissage court. C'est le seul cas où le loft élevé se justifie vraiment.
- Obstacle à franchir, bunker ou dénivelé. Lob wedge, sans hésiter. Ici vous n'avez pas le choix, il faut de la hauteur.
Le point de chute compte autant que le club. Visez un endroit précis sur le green, pas le drapeau : c'est là que la balle doit toucher, le reste se fait au sol. Un joueur qui vise le drapeau en l'air joue le coup le plus difficile à chaque fois.
Compléter son étagement Voir les wedges disponibles, du gap wedge au lob wedgeLe lie décide avant le loft
Une règle passe avant toutes les autres : regardez comment la balle est posée. Un lie difficile réduit vos options, quelle que soit la configuration du green.
Sur un lie serré, herbe rase et sol dur, le bounce faible passe mieux. Un bounce élevé fait rebondir la semelle sur le sol dur et provoque un coup de lame. C'est la situation où beaucoup d'amateurs sortent leur sandwedge alors que c'est précisément le mauvais club.
Dans le rough épais, il faut du loft et du bounce. La semelle large glisse dans l'herbe au lieu de s'y planter, et le loft permet de sortir la balle. C'est le domaine du sandwedge et du lob wedge.
Pour les joueuses, les wedges femme reprennent les mêmes lofts avec des shafts plus légers et des longueurs réduites.
Dans le sable, le bounce fait tout le travail. C'est lui qui fait rebondir la semelle sous la balle plutôt que de creuser. Un bounce faible dans du sable mou plante systématiquement.
Cette logique de loft et de bounce est ce qui détermine la composition de votre bas de sac. Elle est développée dans notre guide sur le choix du loft et du bounce d'un wedge, qui traite l'achat là où cet article traite l'usage.
Le gap wedge, le club qui manque
Le gap wedge se situe entre 50 et 52 degrés, entre le pitching wedge et le sandwedge. Son nom vient de là : il comble le trou, le gap, laissé par l'écart de loft entre ces deux clubs.
Ce trou s'est creusé mécaniquement. Les séries de fers modernes ont des lofts de plus en plus fermés, et le pitching wedge est descendu à 42, voire 44 degrés sur certaines séries. Le sandwedge, lui, est resté autour de 56. Sans club intermédiaire, il vous manque une dizaine de degrés, donc une vingtaine de mètres de couverture.
C'est le club le plus utile autour du green pour une raison simple : son rapport d'environ une portée pour deux de roule correspond à la majorité des situations réelles. Vous êtes rarement au ras du green, rarement collé au drapeau, presque toujours entre les deux.
Vérifiez votre étagement : relevez le loft de votre pitching wedge, celui de votre sandwedge, et regardez l'écart. Au-delà de huit degrés, il vous manque un club. Les lofts les plus courants au catalogue vont de 44 à 64 degrés, et le 50 et le 52 degrés font partie des plus représentés, précisément parce qu'ils comblent ce trou. La logique d'étagement complète est expliquée dans notre guide des distances par club.
Les erreurs qui coûtent des coups
Sortir le lob wedge par défaut. C'est le club le plus difficile du sac : la face est très ouverte, la marge d'erreur minuscule, et une frappe légèrement grasse laisse la balle sur place. Il se réserve aux situations qui l'exigent, pas au confort visuel.
Viser le drapeau en l'air. Le point de chute doit être choisi pour que la roule fasse le reste. Viser le drapeau directement revient à jouer le coup le plus exigeant à chaque approche.
Ignorer le lie. Un sandwedge à bounce élevé sur un lie serré donne un coup de lame ou une balle grattée. Regarder comment la balle est posée avant de choisir le club évite la moitié des mauvaises approches.
Décélérer. C'est l'erreur technique la plus fréquente autour du green, et elle vient du choix du club : quand on prend trop de loft, on doit frapper plus fort, l'instinct freine, et le contact se dégrade. Prendre un club plus fermé permet un geste plus court et plus régulier.
Négliger l'usure. Les rainures d'un wedge s'émoussent et le spin disparaît progressivement. Un wedge de cinq ans joué régulièrement ne retient plus la balle, et aucune technique ne compense cela. Le sujet est traité dans notre article sur l'usure des wedges.
Questions fréquentes sur les wedges autour du green
Quel wedge utiliser autour du green ?
Celui qui garde la balle au sol le plus longtemps possible tout en franchissant ce qu'il y a à franchir. Beaucoup de green devant le drapeau : pitching wedge, la balle roule. Peu de green ou un obstacle : sandwedge ou lob wedge. Le choix se fait sur le rapport entre la distance à porter et la distance à rouler, jamais sur l'habitude.
Qu'est-ce qu'un gap wedge et à quoi sert-il ?
C'est un wedge de 50 à 52 degrés, placé entre le pitching wedge et le sandwedge. Il comble l'écart de loft creusé par les séries modernes, dont le pitching wedge descend parfois à 42 ou 44 degrés. Son rapport d'une portée pour deux de roule correspond à la majorité des approches réelles, ce qui en fait le wedge le plus utile.
Faut-il toujours prendre le sandwedge près du green ?
Non, et c'est l'automatisme le plus coûteux. Sur un lie serré, son bounce élevé fait rebondir la semelle sur le sol dur et provoque un coup de lame. Sur une longue approche roulée, il envoie la balle trop haut pour rien. Il excelle dans le sable et le rough, beaucoup moins sur herbe rase.
Peut-on jouer un fer 9 autour du green ?
Oui, et c'est souvent le meilleur choix quand la balle est au bord du green avec beaucoup de distance à couvrir dessus. Le coup se joue comme un putt long, avec un geste court : la balle passe la frange en roulant et parcourt le green au sol. C'est le coup le plus fiable du répertoire d'approche.
Combien de wedges faut-il avoir dans son sac ?
Trois pour la plupart des joueurs : un gap wedge, un sandwedge et un lob wedge, en plus du pitching wedge de la série. La règle d'étagement est de conserver quatre à six degrés d'écart entre chaque. Relevez les lofts de vos clubs actuels : si l'écart entre le pitching wedge et le sandwedge dépasse huit degrés, il vous manque un club.
Sources : lofts et prix relevés sur le catalogue GolfCenter en août 2026 sur l'ensemble des wedges, marques Titleist, Cleveland, TaylorMade, Callaway, Ping, Mizuno, Cobra et Wilson. Les rapports portée sur roule sont des ordres de grandeur qui varient selon la fermeté du green et la pente.





















































